Les rues de LLN

rue de Rodeuhaie

rue: rue de Rodeuhaie
canton postal: 1348
localité: Louvain-la-Neuve
description:

Rodeuhaie

Rodeuhaie (rue de) F10

Conseil communal du 25 février 1975.

Nom créé à partir d’un toponyme traditionnel.

* Thème des toponymes traditionnels.

* La mention de 1616 (près des Rondes Haies) renvoie au wallon lès rondès (h)ayes ; en wallon, l’adjectif antéposé a une terminaison ‑ès atone devant un nom au féminin pluriel (voir ALW, II, p. 49). Le wallon (h)aye, qui correspond au français haie, vient du francique *hagja. En toponymie, il a souvent le sens de « bois, petit bois ».

Dans la forme de 1532 (alle Rodenhaye), cette terminaison a été transposée en ‑en‑, probablement parce que le scribe a pensé à des paires telles que enfant ~ wallon èfant, charpentier ~ wallon tchèrpètî, la préposition en se dit è en wallon, etc. Progressivement, le toponyme s’est figé et n’a plus été analysé, ce qui explique les altérations subies. Le phénomène de la dénasalisation de la syllabe initiale est attesté dans d’autres noms de lieu, par exemple dans Mossiat (hameau de la commune de Bioul, dans l’arrondissement de Dinant), qui représente un type « monceau » dérivé de mont ; ou encore dans Malautchî, la forme wallonne de Mont-Gauthier (nom d’une commune de l’arrondissement de Dinant) qui est cité en 1280 sous la forme de Monlewalchier, c’est-à-dire : « Mont-le-Gaucher ». Cette dénasalisation est déjà attestée dans les formes du xvie siècle. Au xviiie siècle, la voyelle de la seconde syllabe est de plus en plus souvent notée ‑eux. À la source de cette altération, il y a probablement une mauvaise lecture d’une forme telle que rodenhaie, dans laquelle n a été pris pour un u. Le x a sans doute été introduit sous l’influence des adjectifs en ‑eux. Dernière altération : la forme Le Rodeux sur la carte des chemins d’Ottignies en 1830-1840 donné par C. Scops et R. Havermans [OTA, hors-texte, p. 144].

Pour la Commission de toponymie, le retour à une forme normalisée (comme les Rondes Haies) aurait sans doute trop bouleversé une tradition graphique de deux siècles ; elle s’en est donc tenue à la forme en usage sur les documents écrits, se contentant de souder les deux éléments et de supprimer le x.

-                  Rodeuhaie

Isolé :

1532, « 60 verges d’héritage en bois et boscailles gisant alle Rodenhaye, amont alle Rodenhaye » ; 1537, « 3 jours de bruyere gisant en Pouwaul le Rodenhaye » [AGR, GSN, n° 1548bis, D Martin] ; 1616, « la noeuff ville près des Rondes Haies » [WAV, IV, p. 92] ; 1730, « bruyères de Rode Haye » [AGR, GSN, n° 1535, D Martin] ; 1811, « Le Rodeux Haye » (champ au sud-ouest de la ferme de Biereau) [PCP‑Ott] ; 1846, « Rodeux haye », « Rodeux hay », « chemin de Blocry vers Profondval, Rodeux-Haye » [ACV‑Ott] ; 1860, « Le Rodeux Haye » [Popp‑Ott] ; 1863, « Rodeux haie » [T&W‑W, p. 138] ; (?), « la Rodeux Haye » [LLNE, p. 63].

Déterminant :

1706, « le bois nommé le Rodeuxhayes sous Ottignies descosse au bois de Florival bize au chemin d’entre les bruyères d’Ottignies et le bois de Marcimont midi aux bruyères d’Ottignies amont au champ Vallée », « le bois nommé le Rodeux‑hayes sous Ottignies, joignant d’escosse au bois de Florival » [AGR, GSN, n° 1535, D Martin ; WAV, XXI, p. 78] ; 1717, « bois de Rodeux Haye » [AGR, GSN, n° 1535, D Martin] ; 1722, « bois de Rodehaye » [AGR, GSN, n° 1535, acte n° 2, D Martin] ; 1730, « deux closières à Ottignies par dela les bois de la Rode Haye » [AGR, GSN, n° 1535, D Martin] ; 1754, « bois de Rodenhayes » [AGR, GSN, n° 1539, D Martin] ; 1772, « bois dit Rodenhaye » [AGR, GSN, n° 1543, D Martin] ; 1773, « bois de Rodeuxhaye » [AGR, GSN, n° 1544, D Martin] ; 1774, « certain bois nommé le Rodeux Haye, sur la campagne de Blocri, joindant d’escosse au Crahaux » [OTA, p. 186] ; 1778, « le bois de Rodeuhaye sous la paroisse et juridiction d’Ottignies, un côté au champ Vallée » [AGR, GSN, n° 1544, D Martin], « un bois nommé le bois de Rodenhayes » [AGR, GSN, n° 1544, WAV, XXI, p. 78] ; 1781, « un bois nommé les Rodeux-hayes » [AGR, GSN, n° 1545, D Martin] ; 1846, « chemin sortant du bois de Rodeux Haye, conduisant sur la campagne de Blocri » [ACV‑Ott ; OTA, p. 186].

Autres formes :

À Bioul, on rencontre un toponyme un peu semblable : « Ronde aye » [LN, p. 581].

I. Lejeune

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