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Centre Cerfaux-Lefort

plan détaillé Centre Cerfaux-Lefort
1348 Louvain-la-Neuve Belgique

Cerfaux

Cerfaux-Lefort (Centre) F9

Domaine universitaire.

Toponyme créé (toponyme non descriptif).

* Thème du passé universitaire.

Le Centre Cerfaux-Lefort fut créé en 1969 à l’initiative de Mgr Massaux, suite à la division linguistique des bibliothèques de l’Université : son objectif était de récolter des ouvrages et périodiques pouvant faire défaut dans les nouvelles collections de la section francophone. Il s’installa rapidement à Louvain-la-Neuve, au numéro 2 du « chemin du Cyclotron », dans un des premiers bâtiments construits.

* Longtemps dirigé par le chanoine Julien Ries, il porte le nom de deux de ses professeurs-prêtres de l’Université, qui s’illustrèrent brillamment, l’un en exégèse néo-testamentaire et l’autre dans les études coptes : Lucien Cerfaux et Théophile Lefort. La contribution du Centre Cerfaux-Lefort à l’enrichissement documentaire des bibliothèques de l’Université a été considérable au fil des années. Entre 1969 et 1980, 500 000 livres et périodiques ont été collectés et triés. Entre 1980 et 1990, le Centre a fourni environ 5 000 livres et périodiques par an aux bibliothèques universitaire, et entre 1990 et 2005, la moyenne fut de 2 000 ouvrages par an. Le Centre a également développé un programme d’envoi de livres en faveur de bibliothèques universitaires situées principalement en Afrique et en Europe centrale et orientale. Enfin, les membres du personnel de l’Université et les étudiants peuvent y acquérir, à un prix très modeste, des ouvrages utiles à leur recherche.

* Lucien Cerfaux (1883-1968) est né à Presles (Hainaut), dans une famille modeste, qui dut vendre un morceau de pré pour payer les études du plus doué de ses fils. Après avoir fréquenté un temps l’École moyenne de Châtelet, il fit de solides études gréco-latines au séminaire de Bonne-Espérance (Vellereille-lez-Brayeux, près de Binche), qui a formé à l’époque beaucoup de futurs éminents spécialistes dans le domaines des études grecques, latines et orientales (1898-1903). Lorsqu’en 1903, il s’engagea dans la carrière ecclésiastique, le séminaire de Tournai l’envoya à l’Université grégorienne DE Rome pour y poursuivre ses études : après avoir conquis ses doctorats en philosophie et en théologie (1903-1909), il y suivit les cours (1909-1911) du nouvel Institut biblique pontifical, qui venait de s’ouvrir dans un contexte dramatique pour l’exégèse. Nous sommes en pleine crise moderniste (1903-1907), bientôt suivie par la réaction intégriste (1908-1914), qui a fait régner dans l’Église un véritable climat de « chasses aux sorcières » contre tous ceux qui osaient s’aventurer hors des positions traditionnelles. C’est dans cette perspective que fut créé l’Institut biblique, mis sur pieds par le jésuite Léopold Fonck (1865-1930) à la demande expresse de Pie X (1835-1914), et qui se voulait clairement un bastion conservateur face à l’École biblique de Jérusalem fondée en 1890 par le dominicain Joseph Lagrange (1855-1938), jugée trop favorable à la méthode historico-critique. À son retour, Cerfaux fut nommé professeur d’exégèse au séminaire de Tournai en 1911, en remplacement de Gaston Rasneur (1874-1939), futur évêque de Tournai, mais dont l’enseignement n’inspirait plus confiance, pour l’heure, au titulaire du siège de saint Éleuthère, Mgr Waravens (1841-1915)…

Climat intellectuel étouffant et formation rétrograde, voilà ce qui explique la discrétion première du jeune Cerfaux. En fait, il ne commença sa carrière proprement scientifique qu’au début des années 1920, après s’être initié en autodidacte aux arcanes de l’exégèse moderne et fort des lumières d’une série de personnalités qu’il fréquentait, notamment au Saulchoir, la brillante école théologique des dominicains français réfugiés aux portes de Tournai après les lois Combes. C’est un de ses premiers articles, rédigé en 1926 au sujet de la gnose simonienne, un terrain délicat dans le contexte de l’époque, qui lui valut d’être nommé maître de conférences à Louvain en 1928 pour y donner un enseignement sur les mouvements religieux du monde hellénistique. À la mort prématurée du chanoine Tobac, en 1930, et malgré la présence d’autres candidats valables, il lui succéda à Louvain, sur les instances du recteur Ladeuze (1870-1940), à la chaire d’exégèse du Nouveau Testament.

À la suite de son articles de 1926, les premiers travaux de Cerfaux avaient porté sur l’hellénisme. Une fois nommé en exégèse, ce domaine passera pour lui au second plan, même s’il ne cessera jamais de s’y intéresser : dans ce domaine, auquel se rattache une série de thèses sur les Père de l’Église et leur temps, il a formé une pléthore de disciples, tant en lettres qu’en théologie, dont beaucoup sont devenus des maîtres à leur tour. Parmi eux, on peut citer, pour ne retenir que ceux qui l’ont suivi à Louvain : Jean Giblet, Julien Ries, Joseph Ponthot, Albert Houssiau, etc. L’article qu’il rédigea en 1936 sur la Gnose pour le Dictionnaire de la Bible (Supplément, fasc. 13-14, 1936, col. 659-701), et où il fait la synthèse de ses connaissances accumulées, apparaît comme un tournant dans sa démarche intellectuelle. Ce tournant coïncide également avec sa nomination, en février 1941, comme membre de la Commission biblique pontificale, à un moment d’ouverture, précisément. À partir de là, il publie une série d’articles qui laissent présager ses grands travaux bibliques à venir consacrés à la théologie de saint Paul : La théologie de l’Église suivant saint Paul ([Unam, Sanctal, 10], Paris, 1942 ; 2e éd., Paris, 1948 ; 3e éd., Paris, 1965) ; Le Christ dans la théologie de saint Paul ([Lectio divina, 6], Paris, 1951 ; 2e éd., Paris, 1954) ; Le chrétien dans la théologie paulinienne ([Lectio divina, 33], Paris, 1962). Il a ici profondément renouvelé la théologie de l’Apôtre, qui dans le monde catholique, en était resté au « manuel » classique du jésuite Ferdinand Prat (1857-1934), élaboré en pleine crise moderniste : une exégèse paulinienne moulée dans le carcan rigide de concepts empruntés au manuels de théologie et souvent étrangers à l’analyse historique. Autre domaine important, même s’il apparaît au second plan par rapport au précédent, celui des évangiles synoptiques. L’influence de ses travaux fut considérable, pas seulement dans le milieux exégétiques (on pense aux nombreux disciples du professeur dans ce domaine : Albert Descamps, Jacques Dupont, Édouard Massaux, Joseph Comblin, Antoine Vergote, etc.), mais aussi dans des cercles plus larges de chrétiens qui y trouvèrent les aliments intellectuels et religieux qu’ils recherchaient pour nourrir leur foi.

Bibliographie : J. Coppens, Cerfaux (Lucien-Jean-Joseph), dans BN, t. XLI, col. 95-110 (1979-80) ; A. Descamps, Monseigneur Lucien Cerfaux. Ébauche d’un portrait et J. Coppens, La carrière et l’œuvre scientifiques de Monseigneur Lucien Cerfaux, dans F. Neirynck, L’évangile de Luc. Problèmes littéraires et théologiques. Mémorial Lucien Cerfaux [Bibliotheca Ephemeridum theologicarum Lovaniensium, t. XXXII], Louvain, 1973, p. 9-21 et 23-59 (réédités dans Recueil Lucien Cerfaux. Études d’exégèse et d’histoire religieuse, t. III, nouv. éd. [Bibliotheca Ephemeridum theologicarum Lovaniensium, t. LXXI], Louvain, 1985, p. xi-xxxiii et xxiv-lx) ; J. Ries, Au service des bibliothèques universitaires de Louvain-la-Neuve. Le Centre Cerfaux-Lefort, Louvain-la-Neuve, 1972.

L. Courtois

→  Descamps ; Ladeuze ; Lefort ; Massaux.


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