Mémoires de Wallonie

Les noms de rues de Louvain La Neuve

 
 
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Les rues de Louvain-La-Neuve

allée de Clerlande

plan détaillé allée de Clerlande
1348 Louvain-la-Neuve Belgique

Clerlande

Clerlande (allée de) A1

Conseil communal du 16 mars 1971.

Nom créé à partir d’un toponyme traditionnel.

* Thème des toponymes traditionnels.

Clairlande, aujourd’hui écrit « Clerlande », était un lieudit connu du « bois de Lauzelle », comme en témoignent les personnes interrogées [Tém. Haulotte, P. Collin]. Les plans anciens mentionnent « drève de Clairlande ».

* D’après C. Scops, Clairlande a le sens de « endroit défriché dans un bois, clairière » [OTA, p. 173]. Cette définition est sans doute déduite de la configuration de ce lieu du « bois de Lauzelle ». L’endroit ainsi dénommé a de fait dû être défriché pour faire place d’abord à un château (XIXe siècle ?), puis au monastère Saint-André et au Centre William Lennox (témoignage d’un moine du monastère). Clairlande est un nom savant formé par la juxtaposition de clair et de lande, qui a peut-être été inventé par les châtelains pour dénommer leur domaine.

Aujourd’hui, le toponyme « Clerlande » sert également à désigner le monastère bénédictin qui s’y est installé pour accueillir les moines francophones de l’abbaye de Saint-André à Bruges.

I. Lejeune

* « Clerlande » est aussi le nom usuel donné au monastère Saint-André (« monastère de Clerlande »), situé effectivement au numéro 1 de l’« Allée de Clerlande ». En 1970, une vingtaine de moines bénédictins s’installent dans le lieu-dit « bois de Clerlande », sur un terrain de deux hectares, jouxtant la propriété du « Château de Clerlande ». Ces moines arrivent, en droite ligne, de l’abbaye Saint-André de Loppem, sise aux portes de Bruges, vieille d’un siècle, évangélisatrice du Katanga et présente en d’autres régions du monde. Son recrutement est international, qui justifie son régime linguistique francophone ; tandis que son collège d’études secondaires est en régime linguistique flamand, offrant, déjà à l’époque, l’actuelle « immersion » aux jeunes issus de familles de Flamands francophones.

Dans les années 1965-1968, devant l’évolution rapide, et sans retour possible de la politique communautaire belge (le « Wallen buiten » de Louvain), les moines ont estimé que leur devoir civique était de faire passer leur communauté dans le régime néerlandais. Un certain nombre de moines étaient d’ailleurs de parfaits bilingues ; d’autres, Wallons et Français de France, ne l’étaient pas. Dès lors, dans une fraternelle entente — bien qu’avec quelques pincements au cœur —, chacun eut la liberté ou de s’adapter à la nouvelle donne, ou d’imaginer, à plusieurs, un lieu d’implantation en Wallonie et, tant qu’à faire, aux environs de la future Université catholique de Louvain installée en terre francophone.

Après quelques repérages de lieux possibles, un heureux concours de circonstances, de propositions et de souhaits, a amené les moines venant du plat pays, à choisir le coin de terre de Clerlande, étalé en pente raide, terrain envahi de fougères de deux mètres, et sans autre horizon que les troncs sombres des pins, heureusement entremêlés de bouleaux aux troncs blancs zébrés de noir. Il n’en fallait pas plus pour décider les moines à en faire le lieu de leur solitude et de leur « incognito ».

Les moines ont fait appel à un des plus grands architectes belges de l’époque, Jean Cosse (qui fut aussi l’architecte de l’église Saint-François), sachant qu’il ne serait pas tenté de leur proposer une abbaye prestigieuse et monumentale (on n’en avait d’ailleurs pas les moyens), mais une « maison » sobre et lumineuse, invitant à la « rencontre des visages ». Il a créé, à Clerlande, un monastère dans la plus pure inspiration des abbayes cisterciennes du Moyen-Âge (Le Thoronet, Sylvanès, Sylvacanes, Sénanque) : le respect de l’environnement, des matériaux de la plus grande simplicité et visibles sans trucage, le « vitrage sans vitraux » laissant toutes ses chances à la lumière naturelle de chaque heure.

Le pôle « intimiste » du monastère va de pair avec le pôle traditionnellement « accueillant » des moines bénédictins. La chapelle est ouverte : de 7 heures à 20 heures 30 à quiconque veut se recueillir solitairement ; à 7 heures (7 heures 30 le dimanche), pour la louange du matin (laudes) ; à 12 heures 15 en semaine, à 18 heures le mardi, et à 11 heures le dimanche pour l’eucharistie ; à 18 heures (sauf le mardi) et à 18 heures 30 le dimanche pour la prière du soir (vêpres). L’hôtellerie contient une dizaine de chambres et des salles, pour ceux qui, individuellement ou à plusieurs, souhaitent passer un séjour de silence, de réflexion, de recueillement, de partage, sans nécessairement en lien avec l’appartenance chrétienne.

Un magasin « Le jardin des moines » propose des produits naturels et des vins, confectionnés par des moines et moniales de France, d’Allemagne et d’Espagne ; de la ciergerie, de la céramique, des icônes ; une carterie et une librairie d’ouvrages de large ouverture intellectuelle (fermé le lundi et le dimanche après-midi ; fermé tout le mois de juillet ; ouvert les autres jours de 11 à 17 heures ; ouvert le dimanche à 12 heures, après la messe, jusqu’à 13 heures).

D. Dufrasne

.- Clairlande

Déterminant :

1975, « bois de Clairlande » [OTA, p. 173].

1975, « château de Clairlande » [OTA, p. 173].

I. Lejeune

→  Saint-François.


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